Un soupir n'est qu'éphemère.
Un son sourd me vrille les oreilles, une chaleur me fait presque frissonner. Le glissement plat du vide s'empare de moi et la chute commence. Mes yeux pleurent comme s'ils voulaient se sentir plus proches du noir. La nuit m'envelloppe, le son devient bourdonnement, le bourdonnement devient musique et la chute n'est que plus belle. Comme une valse qui dort au fond de soi, une valse à trois temps, lents, doux et si insurmontable. Le vide m'empoisonne, seconde après seconde, je deviens le vide, je suis remplie de vide et je ne tombe plus, je m'envole au loin. La nuit m'éblouit à présent, la musique s'éteint et il n'en reste rien. D'un craquement sec, l'appaisement casse et le naturel redevient naturel, le vent redevient souffle, je reste vide et pourtant, ce rêve éveillé m'est resté, sentant sa timide respiration contre moi. La vie n'est-elle pas qu'illusions?